"L’illusion dissipée" : plus qu’une opération militaire de la résistance. Par Rim al-Khatib.

"L’illusion dissipée" : plus qu’une opération militaire de la résistance

Par Rim al-Khatib

27 juin 2006

Source : Palestine en Marche

La dernière opération de la résistance militaire palestinienne, l’Illusion dissipée, est une grande opération, savamment organisée et menée, de l’aveu même des responsables sionistes.

"L’illusion dissipée" est le nom de code de cette opération menée par trois organisations militaires, les branches armées des Comités de la Résistance populaire, du mouvement Hamas et l’armée de l’Islam, une organisation nouvelle ou peu connue jusqu’à maintenant. L’opération a un nom de code, l’Illusion dissipée, ce qui rappelle les noms de code donnés par les dirigeants sionistes aux invasions ou assassinats, dans l’esprit de se mesurer à l’occupant sioniste.

L’illusion dissipée est un nom de code de la résistance armée palestinienne en réponse à tous ceux qui, depuis des mois, sèment l’illusion au sein même des rangs du peuple palestinien, faisant miroiter une paix sur la base des concessions : concessions sur les territoires, concessions sur les constantes nationales. L’opération a voulu dissiper les illusions : par la résistance et l’unité des résistants, le peuple palestinien obtiendra ses droits.

"L’illusion dissipée" a secoué l’Etat sioniste. Il semblerait que les services de renseignements israéliens aient été au courant d’un plan et d’un creusement d’un tunnel, mais les renseignements étaient tellement flous et contradictoires qu’ils n’ont pas réussi à agir. Là aussi, la résistance palestinienne a dissipé l’illusion d’une Shabak invincible, telle que la montrent la propagande sioniste relayée par les médias occidentaux. Au Liban déjà, la résistance avait montré que l’armée sioniste n’était pas invincible, et que la voie de la lutte armée était une voie possible, sinon nécessaire, et que la Shabak était un organe comme tant d’autres dans le monde, avec ses faiblesses et ses failles. L’illusion a été dissipée à ce niveau aussi.

La Shabak et l’armée sionistes sont en plein débat et d’accusations réciproques : qui a commis l’erreur ? Qui n’a pas fait remonter les renseignements ? Peut-on se tenir en état d’alerte sur la base de tout renseignement obtenu ? Ici encore, l’illusion d’un pouvoir superpuissant qui parvient à tout contrôler a été dissipée. Des résistants, armés avant tout de leur détermination, sont parvenus à frapper l’ennemi, et comment !!

Par un tunnel creusé, ils sont parvenus jusqu’à l’armée sioniste, prenant le poste militaire par l’arrière. Les résistants se sont battus comme des lions, face à ceux qui possèdent chars et avions, pour ne pas parler des autres moyens militaires sophistiqués et du soutien logistique américain et européen. Deux soldats sionistes ont été tués, et un fut fait prisonnier. Deux martyrs sont tombés, Muhammad Azmi Ferwana, de l’armée de l’Islam et Hamid Rantissi, des forces armées des Comités de la résistance populaire. Mais les autres membres du commando palestinien sont retournés, sains et saufs, à leur base, à la consternation totale des forces sionistes. Ils sont retournés à pied et sont rentrés dans la bande de Gaza. Les forces de l’occupation n’ont pu les rejoindre, elles n’ont même pas pu utiliser le tunnel, qui a été miné par les résistants. Un échec cuisant pour les militaires israéliens.

Le scénario réel de cette bataille est digne d’un film hollywoodien. C’est ce que suggère d’ailleurs une affiche parue ce lundi, avec pour titre : MISSION 1, les acteurs étant les organisations de la résistance, avec une promesse, en bas de l’affiche : « Be back ».

Dans leur communiqué, les résistants palestiniens ont adressé un message aux criminels et assassins d’enfants : l’opération est une riposte aux massacres commis par les forces de l’occupation, un message au premier ministre, au ministre de la guerre et le chef de l’armée de l’Etat sioniste, les mettant en garde contre la poursuite de leurs crimes.

Comment des résistants si faiblement armés peuvent défier l’armée sioniste et adresser un tel message ? C’est le message que les résistants ont voulu faire parvenir, aussi, à leur peuple et à ceux qui le berce d’illusions : tout comme Fares Awda, le jeune lanceur de pierre qui a défié le char israélien, les résistants savent défier l’armée et les chars et montrer que la voie de la libération est dans la résistance.

Au moment où la communauté internationale ne veut voir dans le peuple palestinien que ce qui la rend elle-même généreuse, parce qu’elle réclame la fin du blocus, la reprise des aides économiques et humanitaires, qu’elle se mobilise avec bonne foi pour secourir la "misère" du peuple palestinien, le voilà qui se lève et mène une opération supérieure et qualitative pour dire : notre problème, c’est l’occupation et la colonisation et non le blocus, qui n’en est qu’une des conséquences.

Encore une illusion dissipée par les résistants palestiniens.

Mais cette opération est aussi la dissipation de l’illusion créée par l’accolade Ehud Olmert / Mahmoud Abbas. La colère de la rue palestinienne contre une telle scène, quelques jours à peine après les attaques terroristes de l’Etat d’Israël contre la plage et la ville de Gaza et contre Khan Younes, n’avait pas fini de s’exprimer que l’opération est venue étancher la soif et rassurer le peuple palestinien : contre l’accolade de la honte, les résistants ont riposté.

Ce sont surtout les réactions du gouvernement israélien qui rendent l’accolade encore plus honteuse. Si le président palestinien pensait pouvoir échapper aux accusations, son calcul s’est avéré faux : le gouvernement sioniste a accusé Mahmoud Abbas avant même Ismaël Haniyé d’être responsable de cette opération. L’accolade à Petra ne fut qu’une illusion, vite dissipée et la réalité est apparue, au grand jour : les dirigeants sionistes ne veulent même pas de Mahmoud Abbas.

Mais l’opération "L’illusion dissipée" a permis de dévoiler, pour ceux qui, en France, ne veulent pas le croire ou le voir, l’implication de Français Juifs dans l’occupation de la Palestine et les actes criminels contre le peuple palestinien. Le soldat capturé porte la nationalité française. C’est une internationale terroriste qui agit dans l’Etat sioniste contre le peuple palestinien. Les médias français avaient accusé de tous les noms les citoyens français musulmans et d’origine arabe qui se sont rendus en Irak pour défendre ce pays arabe et musulman contre les envahisseurs américains. Mais dans ce cas, que diront-ils ? N’est-ce pas une internationale criminelle et terroriste qui agit en Palestine ? Comment expliquer la présence de ce Français dans les rangs de l’armée sioniste ?

Au moment où les Palestiniens porteurs de nationalité américaine et européenne sont interdits de rentrer dans leur pays par les autorités de l’occupation sioniste, alors qu’il s’agit de leur pays et de leur terre, voilà que l’opération "l’illusion dissipée" dévoile comment des Juifs français participent à la guerre contre les Palestiniens.

Un soldat sioniste, de nationalité française, a été capturé par les résistants. D’un coup, ce sont des centaines ou plutôt des milliers de Palestiniens qui lancent un seul cri : il faut l’échanger contre les prisonniers palestiniens. Des centaines de femmes, des centaines d’enfants, des milliers d’hommes adultes et des vieillards sont prisonniers, et ont été pris en otages par les forces de l’occupation.

Face aux demandes et aux pressions internationales pour faire libérer le soldat israélien, la société palestinienne réclame, d’une seule voix, la libération des prisonniers palestiniens et arabes. Les Palestiniens le savent et ont fait l’expérience : l’échange est le seul moyen de libérer les prisonniers, malgré toutes les campagnes, malgré toutes les manifestations et les grèves.

Nous devons unir nos voix aux Palestiniens et réclamer la libération de tous les prisonniers palestiniens et arabes détenus dans les prisons de l’occupation, en échange du soldat français sioniste qui a été capturé par les résistants palestiniens.


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