Sauvez les universitaires irakiens !

Le Brussels Tribunal lance un appel urgent

Sauvez les universitaires irakiens !

Pol De Vos

25 janvier 2006

Un aspect peu connu de la tragédie qui se déroule en ce moment en Irak, c’est la destruction systématique des universités du pays. Les organisations de défense des droits de l’homme irakiennes ont découvert des informations de la police qui prouvent que plus de mille universitaires et scientifiques irakiens ont été assassinés depuis le début de l’invasion américaine. Le gouvernement américain a lui-même admis l’assassinat de « plusieurs centaines » de professeurs universitaires. (Workers World, 3 décembre 2005). Cette vague d’assassinats aurait débuté peu de temps après que les forces d’occupation américaines aient licencié près de 15500 chercheurs, scientifiques, professeurs et enseignants en raison d’un prétendu lien avec le parti Baath.

« L’année dernière, on a recensé en moyenne de 10 à 15 tentatives d’assassinat par jour perpétrées contre des professeurs et des scientifiques irakiens, avec une moyenne de 5 assassinats réussis », écrivait le journaliste américain Dahr Jamail en juin 2004. « Le personnel universitaire craint qu’une campagne pour priver l’Irak de ses enseignants universitaires ne soit en cours, campagne qui complèterait la destruction culturelle du pays, qui a commencé quand l’armée américaine est entrée à Bagdad », écrivait le journaliste Robert Fisk un mois plus tard.

Les services secrets israéliens responsables d’incendies et de pillages

Osama Abed Al-Majeed, le président du Département Recherche et Développement du ministère de l’enseignement supérieur, accuse le Mossad, les services secrets israéliens, d’être coupable de cette violence sélective. Un rapport du Centre d’informations palestinien publié en juin 2005 déclare également le Mossad responsable.

Selon l’Université des Nations Unies, 84% des institutions irakiennes de l’enseignement supérieur ont été incendiées, pillées ou détruites. Le système éducatif irakien était parmi les meilleurs de la région ; l’instruction de sa population était une des ressources les plus importantes du pays.

Cette situation est le miroir de l’occupation dans son ensemble : une catastrophe aux proportions impressionnantes qui se déroule dans un climat de négligence criminelle. La responsabilité de protéger les citoyens irakiens, y compris les universitaires, incombe en fin de compte aux États-Unis, en tant que puissance occupante, et sur la base de la législation humanitaire internationale.

Le Brussels Tribunal a lancé une pétition internationale pour rompre le silence et dénoncer ces assassinats. Il réclame une enquête internationale indépendante. La pétition est soutenue par diverses organisations internationales et par une série de personnalités importantes.

Pour plus d’infos, surfez sur http://www.brusselstribunal.org/

Vous pouvez signer la pétition en ligne sur le site : http://www.petitiononline.com/Iraqacad/petition.html

Plus de 4000 signataires

Le 18 janvier, la pétition rassemblait déjà les signatures de plus de 4 000 personnes. Parmi elles : Noam Chomsky (USA), Tony Benn (UK), l’écrivain et prix Nobel de littérature John M. Coetzee (Afrique du Sud), l’écrivain Eduardo Galeano (Uruguay), Michael Parenti (USA), Naomi Klein (Canada), Dario Fo (Italie), Jean Bricmont (Belgique)

Vous trouverez la liste complète des signataires, sur le site http://www.brusselstribunal.org