Conférence de Londres

CONFERENCE INTERNATIONALE POUR LA PAIX : QUAND LE RASSEMBLEMENT FAIT LA FORCE DU MOUVEMENT

La conférence internationale pour la Paix qui a eu lieu à Londres samedi 10 décembre a été un immense succès. 1400 personnes étaient rassemblées à l’Horticultural Hall de Londres. Une importante délégation des Etats-Unis était présente. Plus de 14 pays étaient représentés tels que l’Irak, l’Iran, le Pakistan, l’Inde, les Philippines, le Canada, la Pologne, la Grèce, l’Italie, l’Espagne, la France et beaucoup d’autre pays européens, pour partager leurs expériences et construire un plan d’action commun pour l’avenir. Aujourd’hui, nous avons un agenda, des revendications en commun et nous pouvons lancer des campagnes politiques internationales pour dénoncer les exactions et les mensonges de Bush, Blair et Cie et construire les prochaines mobilisations. Tout ceci en sachant qu’elles auront une portée internationales et, surtout, aux Etats-Unis comme en Irak. Un pas en avant a été franchi lors cette conférence : toutes les voix du mouvement se sont rassemblées pour commencer à avancer vers la construction d’un pôle politique international, visible et offensif.

Concrètement, ce sont des liens avec les luttes et des organisations irakiennes qui se battent contre l’occupation qui se sont créés et, notamment, entre elles et les mouvements britannique et américain. En ce sens, cette rencontre a été un véritable événement politique : elle a permit de refléter et de développer la richesse et la force du mouvement à l’échelle internationale. Diversité et détermination sont les deux mots qui qualifient le mieux le contenu de cet événement. Le nombre de nationalités présentes, de générations représentées (nombre de jeunes britanniques côtoyaient de vieux militants contre la guerre du Vietnam), de courants politiques et associatifs participants (pacifistes, socialistes révolutionnaires, militants anti-nucléaires, communistes, militants de la nouvelle gauche britannique RESPECT, syndicalistes, travaillistes en rupture avec Tony Blair) et de communautés religieuses impliquées (bouddhistes, musulmans, juifs et chrétiens) ont fait la force de la conférence parce que cela reflétait l’étendue du mouvement international.

Les participants ont, souvent pour la première fois, pu écouter des irakiens et des américains qui se battent contre l’occupation de l’Irak - bien que le gouvernement britannique ait refusé son visa au représentant à l’étranger de Moqtada Al Sadr, Sheikh Hassan Al Zagani. Nous avons pu entendre Sheikh Jawad Al Khalesi, représentant du Congrès Fondateur Irakien (grande coalition d’organisations iraquiennes contre l’occupation), Hanna Ibrahim représentante de l’Organisation de la Volonté des Femmes iraquiennes, Hassan Jummah représentant du syndicat iraquien des travailleurs du pétrole du Sud et Sami Ramadani, écrivain et intellectuel, tous radicalement opposés à l’occupation. En ce qui concerne les représentants du mouvement américain, nous avons entendu quatre militantes époustouflantes : Cindy Sheehan (mère d’un soldat tué en Avril en Irak), Judith le Blanc représentante de United for Peace and Justice, Kelly Dougherty, vétérante d’Irak et coordinatrice de l’association des Vétérans Américains contre la Guerre et Phyllis Bennis, militante pacifiste.

La séance animée par les familles de soldats a été particulièrement intéressante. Ce sont autant de remerciement et d’exigences vis-à-vis du mouvement antiguerre qui se exprimés de la part de ces parents, déserteurs et vétérans qui ont aujourd’hui un rôle central dans le développement politique du mouvement, du fait de leur lien viscéral avec la guerre et de leur volonté inaliénable d’en finir avec elle. Cindy Sheehan a lu à la tribune une lettre qu’elle prévoyait de déposer à Blair le dimanche 11 décembre, signée de la main de tous les participants de la conférence. Les deux autres séances ont eu pour objectif de discuter des moyens à mettre en œuvre pour forcer Bush et Blair à rendre compte et construire mouvement à l’échelle international. Tous les intervenants y ont souligné l’importance de l’exigence du retrait immédiat des troupes d’Irak, la nécessité également de continuer à élargir le mouvement et la présence de militants syndicalistes britanniques contre le guerre incarnait cette volonté et montrait que cette dynamique était en cour. Ils ont également insisté sur la nécessité de rester vigilant envers toutes les autres formes d’intervention militaires, politiques ou économiques, le lien entre la situation de guerre et les attaques sur nos libertés civiles et sur la communauté musulmane et, naturellement, notre opposition à la torture.

RAPPORT ADOPTE PAR LA CONFÉRENCE INTERNATIONALE

Cette conférence internationale, rassemblant des représentants Irakien, Anglais et Américain ainsi que beaucoup d’autres peuples, représentants de toute la société, déclare que la crise provoquée par l’invasion et l’occupation de l’Irak est le problème central de la politique internationale du monde d’aujourd’hui et nous exigeons des résolutions urgentes. Elle affirme que l’invasion de l’Irak en 2003 était illégale, en infraction avec la charte des Nations Unies et justifiée, par les puissances envahissantes, par des mensonges conçus pour manipuler l’opinion publique. Elle déclare que l’occupation de l’Irak par les USA et les forces militaires britanniques a apporté la misère et la souffrance au peuple iraquien. L’occupation est le déni du droit fondamental de tous les iraquiens à construire eux-mêmes leur avenir, elle bloque tout développement social, économique ou politique et menace plus globalement la paix dans tout le Moyen-Orient et dans le monde entier. Elle est la cause de la mort de dizaines de milliers d’iraquiens, mais aussi de celle de plus de 2.000 soldats des armées d’occupation. Cette conférence exige donc, comme le réclame la majorité des irakiens, britanniques et américains, la fin immédiate de l’occupation de l’Irak. Elle exige le retrait des forces militaires d’occupation et le retour de la pleine souveraineté politique au peuple irakien, qui doit pouvoir déterminer son propre futur sans ingérence. Nous saluons la lutte des irakiens pour leur liberté nationale et le mouvement mondial contre la guerre et l’occupation. Nous nous engageons à intensifier notre campagne contre l’occupation jusqu’à ce qu’elle prenne fin. À cet effet, nous invitons le mouvement de anti-guerre dans tous les pays à : Organiser les manifestations internationales le week-end du 18-19 mars 2006, troisième anniversaire de l’invasion de l’Irak, appelant au retrait immédiat des troupes et à la fin de l’occupation. Faire campagne pour un plan public d’enquête internationale sur l’assaut contre Fallujah l’année dernière. Donner leur soutien total à la mobilisation des familles de soldats aux USA, en Grande-Bretagne et les autres pays occupants. Développer une coordination internationale de cette conférence pour organiser les événements antiguerre dans le futur. Faire campagne contre la privatisation du pétrole irakien. A s’opposer à toute attaque contre l’Iran ou la Syrie

ANNEXE

Cette conférence internationale de la paix rassemblant 1400 militants du mouvement antiguerre venus de Grande-Bretagne, des Etats-Unis et de beaucoup d’autres pays exigent la libération de tous les prisonniers illégalement détenus en Irak, en Afghanistan et à Guantanamo. Nous demandons la libération des quatre militants du mouvement chrétien pour la paix, Norman Kember, Tom Fox, James Loney et Harmeet Singh Sooden. Nous demandons également à ceux qui les détiennent de les renvoyer indemnes à leurs familles.

Certaines vidéos, photos et extraits sont disponibles sur www.stopwar.org.uk