Le racisme, prélude à des crimes de guerre. Par Ghali Hassan.

LE RACISME, PRELUDE A DES CRIMES DE GUERRE

Ghali Hassan

traduit par Jean-Marie Flémal

Suite à l’invasion et à l’occupation de l’Irak par les troupes anglo-américaines, plus de 100.000 civils irakiens ont été tués – dont une moitié de femmes et d’enfants. 84 pour-cent des morts ont été causées par les actions des Américains et des Britanniques et 95 pour-cent de ces personnes ont été tuées par des attaques aériennes et des tirs d’artillerie. Des milliers de personnes en plus sont emprisonnées et torturées. Les vies de millions d’autres encore ont été brisées.

En outre, les conditions de santé des enfants en Irak, sous l’actuelle occupation américaine, sont même pires que durant les années génocidaires des sanctions. La malnutrition aiguë parmi les enfants irakiens entre les âges de 6 mois et de 5 ans a doublé et plus de 400.000 enfants irakiens souffrent d’un état de diarrhée chronique et de déficience zen protéines.

Le prétexte de ces destructions insensées réside dans quelques mensonges fabriqués à Washington et à Londres. Des civils irakiens ont été massacrés par des armes américano-britanniques de destruction massive (ADM). Outre le recours à des armes contenant des déchets radioactifs ou de l’uranium appauvri (UA), les Américains et les Britanniques utilisent des ADM interdites sur le plan international, tels le napalm et les bombes à fragmentation, dans des zones urbaines à fortes densité de population, comme à Bagdad, Fallujah et Mossoul.

Depuis 1991, l’Irak a tenté rationnellement de bâtir de bonnes relations avec le reste du monde et il s’est très fortement engagé dans la destruction de ses armes de défense. D’innombrables rapports de l’ONU et de hauts fonctionnaires américains ont d’ailleurs confirmé que l’Irak était une nation sans défense et dénuée d’ADM depuis 1991. Le génocide était en chantier.

Selon Scott Ritter, l’ancien inspecteur en armements de l’ONU, présent en Irak entre 1991 et 1998, « en 2002, à la veille de l’invasion dirigée par les Etats-Unis, Bagdad était rempli de commerces florissants, les restauraient étaient bondés et les familles déambulaient librement le long des parcs bien éclairés. Comparez cette image à la réalité de Bagdad [et de l’ensemble de l’Irak] aujourd’hui. » Ils « haïssent notre liberté », a déclaré George Bush.

Ces crimes ont été commis sans raison autre que de répandre la crainte et la terreur parmi des gens sans défense. Dans le psychisme américain et occidental, ces crimes se justifient en s’appuyant sur le fait que les Irakiens ne sont pas des blancs et, partant, sont des « non-humains » et sur le fait également que les Irakiens « n’accordent pas à la vie le prix que nous lui accordons aux Etats-Unis et en Occident ». Il s’ensuit que l’élément de racisme contre les non-blancs et les musulmans ne devrait pas être absent de la formation des policiers. Il est bien vivant dans toute institution du pouvoir.

Dans toutes les guerres des Américano-Britanniques contre d’autres nations, « généralement, à l’exception des Serbes, les victimes de la puissance de feu du Pentagone ont été des gens de couleur différents de la majorité blanche et de la structure de pouvoir des Etats-Unis. Aux Etats-Unis mêmes, des prétextes raciaux ont contribué à huiler la machine de guerre », écrivait Norman Solomon de Fairness & Accuracy in Reporting. « Pendant ce temps, dans l’arène politique, Colin Powell et Condoleezza Rice se retrouvent souvent en face des caméras pour personnifier un Oncle Sam au visage noir ». Il s’agit de la meilleure propagande belliciste jamais imaginée par des public relations.

Les soldats qui sont les outils des guerres américano-britanniques sont recrutés dans la classe ouvrière, parmi les Blancs, les Noirs et les Latino-Américains sans droits et à bas revenus. Ils sont recrutés dans les communautés et villes isolées et marginalisées affectées par la récession économique et le ralentissement qui frappent les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, où les possibilités d’emploi ne cessent de se réduire. On présume que la vie à l’armée est la seule façon de sortir de la misère pour connaître une vie « meilleure ».

Ces soldats sont recrutés pour se battre dans des guerres orchestrées par les élites et les riches Anglo-Américains blancs afin de propager leur idéologie de conquête et de terreur. « Vous allez en guerre avec l’armée dont vous disposez, et non avec l’armée que vous souhaiteriez avoir  », disait Donald Rumsfeld à l’un de ces soldats « craignant la mort » et s’inquiétant de l’absence d’équipement et de l’inefficacité de la protection. Le secrétaire à la Défense oubliait que c’était l’administration Bush qui avait décidé de partir en guerre contre l’Irak, et non les infortunés soldats. Mais Rumsfeld se soucie-t-il davantage de ses guerres que des militaires qui les livrent ?

Les soldats exposés aux armes chimiques et radioactives sur les champs de bataille contaminés sont considérés comme des « soldats jetables », qui sont renvoyés dans leurs foyers une fois exposés et remplacés par d’autres soldats jetables à leur tour, avec tous les risques de cancer, d’enfants mal formés suite à des dommages génétiques et de graves problèmes de santé, écrivait le professeur Niloufer Bhagwat de l’Association indienne des hommes de loi. Les soldats qui désertent en temps de guerre sont habituellement jetés en prison durant des années. La peine prévue par la législation américaine est l’exécution capitale. Les enfants des dirigeants de la guerre en Irak étudient à Oxford, Harvard et Yale.

Selon la Coalition nationale des Vétérans sans logis, près de 300.000 vétérans américaines sont sans toit chaque nuit et une petite moitié de ces hommes sont des vétérans du Vietnam, qui ont participé à une précédente guerre d’atrocités menée par les Etats-Unis contre des gens innocents diabolisés pour les besoins de la cause.

« Les simples soldats sont mis au pilori. Les fonctionnaires de la Maison-Blanche reçoivent des promotions. Le prix de l’hypocrisie dans les écœurants scandales des tortures dans les prisons n’a guère compté, jusqu’à présent. Demain, nous pourrions avoir à nous méfier davantage. La prochaine victime de cette hypocrisie pourrait être vous ou moi  », écrivait Derrick Jackson, du Boston Globe. L’administration Bush poursuit les « quelques rares pommes pourries » casernées à Abou Ghraïb, tout en défendant le plus vaste processus de la guerre et de la torture érigée au rang de système organisé. Cette torture organisée des civils et prisonniers irakiens à Abou Ghraïb, telle qu’elle a été introduite par les Etats-Unis, a désormais « survécu à sa dénonciation en public  », estimait le Washington Post. Son tortionnaire en chef, Donald Rumsfeld, et son adjoint, le sioniste Paul Wolfowitz, restent en place pour perpétrer leurs violations systématiques des droits de l’homme et planifier leur prochaine agression.

Par ailleurs, rapportait encore le Washington Post, un rapport du colonel retraité Stuart Harrington estimait que les membres des Special Operations et de la task-force de la CIA torturaient des prisonniers américains partout dans le pays, dans des installations secrètes. Le rapport estimait que les rafles par les militaires de milliers de personnes dans les rues étaient si arbitraires qu’elles en devenaient « contre-productives pour les efforts des forces de la coalition en vue de gagner la coopération de l’ensemble des citoyens irakiens  ».

Les délits de tortures et de meurtres d’Irakiens innocents à la prison d’Abou Ghraïb ne sont pas l’œuvre de quelques pommes pourries qui subissent un jugement télévisé pour leurs actes. Ce genre de crimes n’auraient pas eu lieu sans ordre de dirigeants au sein de l’administration Bush. Les dirigeants de ces nations qui mènent une guerre et une occupation illégales commettent des crimes contre le peuple irakien. Leurs actions et leur façon de faire sont copiés à partir des manuels américains et britanniques sur le racisme et la conquête impériale.

Dans le monde entier, et tout particulièrement dans les pays en voie de développement, les photographies « ont renforcé le sentiment qu’un profond racisme sous-tend les attitudes des occupants vis-à-vis des Arabes, des musulmans et [des autres peuples de couleurs] en général  », écrivait la romancière égyptienne, Ahdaf Soueif. Elle faisait remarquer que « les actes révélés par les photos diffusées parmi les réseaux [de télévision] n’auraient pas été perpétrés sans le profond racisme qui infecte les establishments américain et britannique  ».

Un officier supérieur britannique en Irak a déclaré à un reporter, à propos de l’attitude de l’armée américaine à l’égard du peuple irakien : " A mon avis, et c’est aussi celui de la chaîne de commandement britannique, c’est que le recours à la violence des Américains n’est pas proportionné, mais bien trop exagéré par rapport à la menace à laquelle ils sont confrontés. Ils ne voient pas les Irakiens de la même façon que nous. Ils les considèrent comme des ‘untermenschen’. Les pertes de vies irakiennes ne les préoccupent en aucun cas. " Des ‘untermenschen’, un terme en provenance de Hitler et utilisé par les nazis pour décrire les juifs, les Tsiganes et les Slaves, en tant qu’êtres humains inférieurs. Quoi qu’il en soit, la manière dont les Britanniques considèrent les Irakiens est beaucoup plus carrée.

Avant l’invasion, le Premier ministre britannique, Tony Blair, déclarait devant la Chambre des Communes : « Ces [Irakiens] sont des gens différents, ils ne sont pas comme nous, ils ne se conduisent pas de la même façon que nous.  » Quelques semaines plus tard, son armée participait au massacre et à la torture de milliers de civils irakiens innocents. Le même « voile du racisme (…) tiré sur  » les questions du Moyen-Orient que sous tous les gouvernements britanniques, depuis Churchill jusque Blair. Lors de l’occupation britannique de l’Irak au cours des années 20, on prétend que Churchill aurait dit : « Les Irakiens, à l’instar de tous les Arabes, sont des ‘nègres’ » contre qui on pouvait utiliser des gaz nocifs. Blair dit-il de Churchill qu’il est un « homme mauvais » ?

L’Occident n’a guère changé depuis. Les juifs d’hier sont les musulmans d’aujourd’hui. Seuls l’époque a changé. La terme mal défini de « guerre contre le terrorisme » de George Bush s’est désormais mué en euphémisme pour désigner une guerre idéologique contre les musulmans du monde entier. Ici, dans le pays des membres les moins importants de la « coalition des volontaires » et dans de nombreux autres pays, la « guerre contre le terrorisme » a été rendue interne sans la moindre remise en question. La mise en application de prétendues « lois contre le terrorisme » ne ciblant que les musulmans a tout d’une affaire entendue.

La crainte suscitée par les gouvernements dressent les citoyens d’une même nation les uns contre les autres. Une récente étude américaine lancée par l’université de Cornell de New York estimait que près de la moitié de tous les Américains croient que le gouvernement américain devrait restreindre les libertés civiques des Américains musulmans. Les infortunés musulmans, même dans leur « pays de la liberté », sont des cibles faciles. Le patriotisme « ramène la guerre à domicile ».

Afin de refuser de communiquer au monde la réelle ampleur des pertes civiles et de rendre les atrocités en Irak digestes pour les consommateurs américains et occidentaux, les autorités américains ont interdit aux journalistes et aux secouristes d’entrer dans la ville de Fallujah avant que l’assaut et le massacre par les Américains aient débuté. Tous les Irakiens mâles de 14 à 60 ans ont été empêchés de quitter la ville. « La pleine puissance de l’arsenal de terreur américain, y compris les F-16, les C-130, les chars Abrams et les hélicoptères Apache se sont déchaînés sur la ville  », écrit Mike Whitney. La ville de 300.000 habitants a été réduite en décombres par toutes sortes de bombes les plus terrifiantes les unes que les autres. La Croix-Rouge a estimé que plus de 6.000 civils avaient été tués dans l’assaut : ça n’a même pas fait les gros titres des médias occidentaux.

En outre, ces mêmes médias restent silencieux et ont ignoré le rapport le plus digne de foi du journal médical britannique, The Lancet qui estimait que plus de 100.000 civils irakiens avaient été tués. Le rapport ne compte pas les atrocités de Fallujah. Au contraire du tribut en vies humaines du récent tsunami en Asie du Sud-Est, qui s’est métamorphosé en une ruée en vue d’avoir les mises à jour les plus récentes et le plus grand nombre de prises de vue à la TV, la mort des femmes et enfants irakiens innocents est systématiquement ignorée. Ce « pingre » tollé à propos du désastre naturel et le silence complet à propos du (des) désastre(s) provoqué par les Américains témoignent de l’hypocrisie morale auto-entretenue par l’Occident. Sans interruption, comme si nous y étions, nous pouvons découvrir les « loups déguisés en samaritains » occupés à aider ceux que, naguère encore, ils traitaient de « hordes jaunes ».

Cette ignorance délibérée des médias est observée parce que George Bush croit que la mort des femmes et enfants irakiens risque « d’attiser l’opinion [publique] partout dans le pays » et dans le monde entier. Telles sont les « valeurs morales » dont se préoccupaient les citoyens américains en votant pour le président Bush. Toute personne qui s’intéresse de près aux atrocités américaines en Irak et en Palestine sait quelles sont ces valeurs morales américaines défendues par Bush.

L’écrivain et journaliste canadienne Naomi Klein a décrit avec à-propos les attitudes de ses puissants voisins, les Américains. Les Américains, écrit-elle, « sont incapables de s’intéresser à d’autres existences que les leurs, la campagne de Kerry et de ses partisans s’est muée en complice de la déshumanisation [et de l’assassinat] des Irakiens, et cela conforte l’idée que certaines vies ne sont pas assez importantes pour risquer de perdre des votes. Et c’est cette logique en pleine banqueroute morale, plus que l’élection d’un simple candidat, qui permet que ces crimes se poursuivent hors de tout contrôle  ». Les Américains savourent leurs vacances de « Noël de paix », dans le même temps que leurs pauvres soldats indigents assassinent hommes, femmes et enfants irakiens innocents qui résistent à l’occupation de leur pays.

Les Irakiens qui résistent à l’occupation sont simplement des « rebelles terrés dans la ville », complètement déshumanisés et que l’on va « sortir de leur repaire ». A l’exception de quelques voix honorables en Occident, personne ne se soucie de la mort des Irakiens. En Occident, « ‘nous’ sommes toujours perçus bienveillants, et non comme des occupants illégaux et rapaces  », déclarait John Pilger récemment. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne sont des maîtres du racisme et de la déshumanisation des « autres ». Grâce à ce racisme des médias et à ces intellectuels libéraux malhonnêtes, les Irakiens sont perçus comme des « rebelles » incapables d’apprécier la « liberté que nous leurs apportons ».

Les Irakiens luttent pour libérer leur pays de l’occupation et du terrorisme étranger. Leur cause est juste et légitime, au regard de la loi internationale. Ils ne sont pas des « rebelles ». Ils sont des hommes et des femmes irakiens résistant à l’occupation et à la destruction de leur pays et de leur société par des puissances étrangères.

La destruction des villes irakiennes a violé le principe des Conventions de Genève et, partant de là, conformément à la Loi américaine sur les crimes de guerre de 1996, les atrocités méritent la peine de mort. Le génocide de Fallujah rappelle ceux de Sebrenica et de Grozny, tous deux condamnés par l’administration américaine en tant que tels. Ces actes d’agression non provoqués contre le peuple irakien et la destruction de sa société constituent une violation manifeste des lois en matière de guerre territoriale telles que les mentionne le Manuel de campagne de l’armée américaine (27-10).

George Bush et Tony Blair sont coupables d’un « crime international suprême », en violation des Conventions de Genève et ils devraient être tenus responsables de leurs crimes contre le peuple irakien. Il existe des preuves écrasantes et de première main pour accuser George Bush et Tony Blair de crimes de guerre. Tout aussi coupables sont les mass media occidentaux. Ils sont devenus l’un des principaux instruments de tromperies et de mensonges et ils devraient également être tenus responsables du rôle qu’ils jouent en menant une propagande guerrière et raciste, non seulement contre le peuple irakien, mais également contre d’autres peuples en lutte contre la domination occidentale.

En outre, des preuves récentes fournies par l’Association américaine des Libertés civiques et le Centre des droits constitutionnels ont conforté le cas des crimes de guerre. Le tribunal de Nuremberg, instauré au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, définissait la guerre d’agression comme suit : « Initier une guerre d’agression, par conséquent, est non seulement un crime international ; c’est le crime international suprême ne différant des autres crimes de guerre que dans la mesure où il renferme en lui tout le mal accumulé dans son ensemble.  »

Le tribunal des crimes de guerre instauré au Japon par les Etats-Unis après la guerre a considéré le Premier ministre du Japon, Tojo Hideki, et le ministre des Affaires étrangères, Hirota Koki, coupables de « n’avoir pas empêché les atrocités  » contre les prisonniers de guerre américains et ils furent condamnés à la mort par pendaison. Un tribunal similaire devrait être instauré pour enquêter sur les crimes de guerre supposés commis contre les prisonniers et les civils irakiens à Abou Ghraïd et dans d’autres prisons.

Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne sont tous deux des démocraties et leurs lois et constitutions interdisent les crimes illégaux contre les innocents. Les procureurs américains et britanniques ont le devoir de poursuivre George Bush, Tony Blair et leurs complices, non seulement pour leurs crimes contre les Irakiens, mais aussi pour leurs crimes contre des Américains et des Britanniques.

En lieu et place, on nous sert dans les dernières nouvelles que Saddam et les hauts responsables de son gouvernement seront « jugés », au cours d’un procès que les experts juristes ont déjà appelé le tribunal « irrégulier » irakien (Iraqi Kangaroo Court). Il s’agit d’un stratagème politique contrôlé par les Etats-Unis. Le prétendu « Premier ministre », Allawi, n’a aucune autorité pour annoncer le procès de Saddam. Allawi est l’homme de paille de l’occupation et il n’a pas le pouvoir de prendre des décisions.

Selon le professeur Charif Bassiouni de la DePaul University, spécialiste en Loi pénale internationale : « Tout est mis en œuvre pour obtenir un tribunal dont la justice ne sera pas indépendante, mais contrôlée et, par ‘contrôlée’, j’entends que les manipulateurs politiques du tribunal doivent s’assurer que les Etats-Unis et les autres puissances occidentales ne soient pas mis en cause. Toute l’affaire ressemble à une vengeance de vainqueur : arbitraire, ciblée et déloyale. Il s’agit d’un subterfuge. » Inutile de définir plus avant ce qu’est une « Kangaroo Court ».

En admettant que Saddam et ses hauts responsables doivent subir un procès, dans ce cas, les dirigeants américains, les dirigeants britanniques et les autres dirigeants occidentaux qui ont soutenu et encouragé Saddam devraient se retrouver en sa compagnie sur la sellette. Le procès de Saddam est illégal. Aucune loi, en Irak, n’autorise d’intenter un procès à Saddam et à ses hauts responsables. L’Irak est une nation illégalement occupée par une armée étrangère. Saddam et les hauts responsables de son gouvernement sont des prisonniers de guerre protégés par les Conventions de Genève. Ce sont précisément les dirigeants mêmes qui ont violé les Conventions de Genève et les Lois de la guerre terrestre et qui ont, de ce fait, commis les crimes contre le peuple irakien, qui devraient être jugés devant une cour internationale.

Selon le professeur Richard Overy du King’s College de Londres, autorité éminente lors du procès de Nuremberg et grand spécialiste de la législation internationale, « les législations internationales ne fonctionnent que contre les Etats plus faibles. Les grandes puissances jouissent d’une impunité non méritée mais inattaquable [et qu’elles se sont accordée d’elles-mêmes] ». « Ce qui s’est passé en Irak était un crime majeur contre l’humanité et Bush et Blair pourraient très bien se retrouver sur la sellette », écrit-il encore. Néanmoins, il est encourageant de voir l’action de certains juristes allemands collationnant des plaintes criminelles contre le secrétaire d’Etat américain à la Défense, Donald Rumsfeld, et ses cohortes. Des actions similaires devraient être entreprises par d’autres nations. Les dirigeants mêmes qui ont participé à cette guerre d’agression illégale contre le peuple irakien devraient être traînés en justice. Au cas où ces dirigeants se trouveraient sur leur territoire, les nations civilisées qui croient en la justice ont le devoir et l’obligation d’arrêter et d’accuser ces dirigeants pour leurs crimes de guerre.

Ghali Hassan vit à Perth, en Australie occidentale. On peut le contacter par e-mail à l’adresse : G.Hassan@exchange.curtin.edu.au