Bush va poursuivre son opération de charme auprès des Européens

 
Le président américain George W. Bush va poursuivre son opération de charme auprès des Européens en rencontrant à partir de vendredi en Irlande les dirigeants de l’Union européenne avant de participer au sommet de l’Otan en Turquie la semaine prochaine.

"Cette participation aux deux sommets s’inscrit sous de nombreux aspects dans la continuation du premier voyage du président en Europe début juin et du sommet du G8 à Sea Island" aux Etats-Unis, a souligné un responsable de l’administration américaine.

Les déplacements de M. Bush en Irlande et en Turquie "rentrent dans le cadre d’une communauté internationale commençant à se réunifier et se rassembler autour de buts communs en Irak", a ajouté ce responsable s’exprimant sous le couvert de l’anonymat.

M. Bush va être accueilli vendredi soir à Dromoland (sud-ouest de l’Irlande) par le Premier ministre irlandais Bertie Ahern, dont le pays exerce jusqu’à la fin du mois la présidence de l’Union européenne. Le président de la Commission européenne Romano Prodi participera également aux discussions.

 
Le dernier sommet entre les Etats-Unis et l’Union européenne, tenu en juin 2003 à Washington, avait été marqué par une tension sensible entre les deux parties dans la foulée de la guerre lancée par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne contre l’Irak en mars 2003.

Américains et Européens y avaient toutefois annoncé le lancement des négociations sur un accord aérien dit "ciel ouvert". Celles-ci s’avèrent plus difficiles que prévu et un accord intérimaire ne devrait pas pouvoir être signé lors du sommet, contrairement à ce qui était prévu initialement.

Dublin compte parmi les alliés historiques de Washington et M. Ahern passe pour bien s’entendre avec M. Bush. Mais, fait inhabituel pour une visite d’un président des Etats-Unis dans ce pays, des manifestations anti-Bush sont prévues dans la capitale irlandaise et aux abords du château de Dromoland.

Conscient du ressentiment que suscite en Europe sa politique étrangère, le président américain a déjà amorcé lors de visites en Italie et en France au début du mois une opération de charme.

Celle-ci vise principalement à obtenir davantage de soutien pour sa stratégie en Irak où Washington s’apprête le 30 juin à transférer la souveraineté à un gouvernement intérimaire après plus d’un an d’occupation.

Cette question sera au premier rang des discussions lors du sommet de l’Otan à Istanbul les 28 et 29 juin. Avant d’y participer, M. Bush aura des entretiens bilatéraux à Ankara avec les dirigeants turcs, un autre allié historique des Etats-Unis qui a toutefois refusé de participer à l’opération irakienne.

Le Premier ministre irakien Iyad Allaoui a demandé mercredi l’assistance de l’Otan pour aider à entraîner les forces armées de son gouvernement intérimaire, sans toutefois réclamer l’envoi de soldats de l’Alliance atlantique.

Sur les 26 membres de l’Alliance atlantique, une quinzaine ont déployé à titre individuel des troupes en Irak mais le rôle de l’Alliance atlantique en tant que telle se limite au soutien logistique à la division polonaise.

M. Bush lui-même avait fait une croix sur une telle éventualité lors du dernier sommet du G8 à Sea Island (Géorgie, sud-est) début juin, face aux réticences de membres importants de l’Otan comme la France, l’Allemagne et l’Espagne.

"Je ne m’attends pas à ce que davantage de troupes de l’Otan soient proposées. C’est une attente irréaliste", avait-il reconnu, en indiquant toutefois qu’il espérait une aide pour l’entraînement des forces de sécurité irakiennes.

Le démocrate John Kerry, adversaire du président républicain à la présidentielle du 2 novembre, lui reproche ce manque de soutien international, en l’accusant d’avoir isolé les Etats-Unis par ses initiatives unilatérales.